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Agonistes du GLP-1 (Liraglutide, Dulaglutide, Sémaglutide)

Le Liraglutide (Victoza), le Dulaglutide (Trulicity), le Sémaglutide (Ozempic (indiqué dans le diabète) ou Wegovy (indiqué dans la perte de poids ; vendu plus cher et non remboursé) sont des analogues de synthèse du Glucagon-Like-Peptide 1 (GLP 1). Ils provoquent le même effet que le GLP-1 (on dit qu’ils sont « agonistes »).

Le Sémaglutide et le Dulaglutide ont l’avantage, par rapport au Liraglutide, de ne nécessiter qu’une injection sous-cutanée hebdomadaire (Liraglutide doit être injecté tous les jours). Le Sémaglutide existe en comprimés (Rybelsus) en Belgique et en Suisse mais pas en France fin 2025. Le Liraglutide a l’avantage de bénéficier d’un plus long recul d’utilisation.

GLP-1

Le GLP 1 est une hormone synthétisée par les cellules intestinales intervenant dans le contrôle du taux sanguin de sucre (glycémie).

Le GLP-1 a plusieurs effets :

  • Augmentation de la sécrétion glucose-dépendante d’insuline, par action directe sur le pancréas
  • Diminution de la sécrétion de glucagon (hormone hyperglycémiante) quand la glycémie est élevée
  • Diminution de la vidange gastrique, entraînant une sensation de satiété
  • Diminution de l’appétit, particulièrement pour les aliments à forte teneur en graisse par action sur l’hypothalamus

 

Agonistes GLP-1

Les agonistes GLP-1 reproduisent ces effets, ce qui permet de contrôler un éventuel diabète mais aussi d’entraîner une perte de poids, une diminution des lipides plasmatiques, de la pression artérielle systolique et de l’inflammation. Ils semblent diminuer l’albuminurie chez les patients atteints de maladie rénale.

Ils agissent également sur le système cardio-vasculaire, les reins et le système immunitaire.

Ils sont indiqués dans le diabète de type 2 quand la Métformine n’est pas assez efficace (dans ce cas on peut les associer à la Metformine) ou mal tolérée.

Ils diminuent la stéatose hépatique (foie gras) non alcoolique, souvent présente chez les patients sous antipsychotiques.

Ils semblent avoir un effet positif dans le traitement du Syndrome des Ovaires Polykystiques, éventuellement associés à la Metformine.

Des études suggèrent un intérêt dans la prévention de la prise de poids sous antipsychotiques, si la Metformine n’est pas suffisante (McIntyre R, American Journal of Psychiatry, 2024).

Effets secondaires

Troubles digestifs fonctionnels  :

(En partie liés au ralentissement de la vidange gastrique)

  • Nausées, vomissements
  • Reflux gastro-œsophagiens
  • Brûlures d’estomac
  • Constipation sévère, voire obstruction intestinale
  • Parfois : diarrhées
  • Moindre absorption des autres médicaments consécutive à ces troubles digestifs ; variation de l’absorption des médicaments à cause du ralentissement de la vidange gastrique
  • Risque de passage de contenu gastrique dans les poumons en cas d’anesthésie : suspendre le traitement avant l’anesthésie, pendant un temps qui prend en compte le temps d’élimination plasmatique de l’agoniste GLP-1. (Prescrire, février 2024)
  • Risque d’échec d’une endoscopie :
      • Présence de résidus gastriques visibles au cours d’une endoscopie digestive haute
      • Doublement du risque d’échec de la préparation du colon avant une coloscopie
      • = Il est donc prudent d’arrêter l’agoniste GLP1 avant une coloscopie pour éviter à la fois les risques d’inhalation du contenu gastrique et d’échec de préparation de la coloscopie (idéalement 5 demi-vie avant, c’est-à-dire 5 semaines pour le Sémaglutide : à confirmer au cas par cas avec le médecin traitant). (Prescrire, octobre 2025, p.752)

 

Possibles effets secondaires graves :

  • Aggravation de dépressions, idées suicidaires, suicides (l’action centrale sur les récepteurs GLP-1 de l’hypothalamus, à l’origine de la sensation de satiété, rendent plausibles des effets psychiques. Prescrire, janvier 2024)
  • Diminution de l’efficacité de certains anticoagulants
  • Déshydratation (surtout au début du traitement) avec insuffisance rénale aiguë ou aggravation d’une insuffisance rénale
  • Lithiases biliaires
  • Pancréatites aiguës
  • Probable survenue plus fréquente de rétinopathie sévère chez les patients diabétiques traités
  • Neuropathie optique ischémique antérieure non artéritique (NOIAN). Une perte soudaine de la vision doit conduire à arrêter le traitement et à consulter un ophtalmologue en urgence
  • Des cancers du pancréas et de la thyroïde, des goitres ont aussi été rapportées

Interactions médicamenteuses nombreuses.

Nécessité d’une contraception efficace pendant le traitement.

Allaitement contre-indiqué.

Pendant le traitement :

  • Surveillance de la fonction rénale
  • Surveiller l’humeur des patients
  • Palper la thyroïde et les ganglions cervicaux une à deux fois par an

 

La perte de poids obtenue pendant le traitement est, le plus souvent, reprise intégralement à l’arrêt du traitement. 

 

Sources :

  • RCP
  • Prescrire, août 2023, p.595 s