Gestion des effets secondaires

État d’esprit à avoir face aux effets secondaires (encore appelés « indésirables »)

Tout médicament peut donner des effets secondaires.

Ceux-ci ne sont heureusement pas systématiques mais représentent un risque.

Ce risque est normalement proportionné aux bénéfices attendus. Votre médecin a du choisir un médicament dont la « balance bénéfices-risques » est favorable.

Il est capital de connaître les principaux effets secondaires des médicaments que vous prenez. Les rubriques suivantes les indiquent pour chaque médicaments. Bien connaitre les effets secondaires permet de se mettre en condition de les éviter, dans la mesure du possible.

Par exemple, la prise de poids sous Lithium (peu fréquente et modérée) répond à trois mécanismes précis  trois mécanismes bien connus  :

  • L’hypothyroïdie dite « infra-clinique »
  • Un effet de type insulinique (l’insuline est l’hormone qui permet le stockage des sucres, des graisses et des acides aminés dans les cellules)
  • La rétention hydro-sodée et la soif.

On peut les contrecarrer par les mesures suivantes :

  • Soigner l’hypothyroïdie même mimine ; mettre la thyroïde dans de bonnes conditions : veiller à ce que les apports en iode soient suffisants (si c’est le cas, nous en excrétons autour de 100mcg/l d’urine ; voireexamens sanguins et urinaires,  fiche Iode) et prendre une supplémentation le cas échéant ; éventuellement, prendre du Sélénium, co-facteur de la synthèse des hormones thyroïdiennes.
  • Manger peu sucré, ne pas étancher la soif par des boissons sucrées
  • Boire abondamment (sous Lithium, il faut absolument éviter la déshydratation qui crée un risque de surdosage par hypovolémie et en créant une insuffisance rénale fonctionnelle qui diminue l’élimination du Lithium) mais sans dépasser certaines limites (p. ex 2l/j en hiver et 3,5l/j en été).

D’autres mesures permettent, par exemple, de prévenir la prise de poids sous neuroleptiques, notamment en soignant la flore digestive.

Cependant, ces effets secondaires principaux, présentés dans ce site pour chaque psychotrope, ne sont pas les seuls à pouvoir survenir. Il est cependant inutile « d’apprendre par cœur » la liste des effets secondaires. Il est, en revanche, capital de s’auto-observer et de faire part au médecin de toute anomalie se produisant dans le corps, en posant la question d’une origine médicamenteuse. Lorsque l’on prend un médicament tous les jours et pendant des années, on finit par ne plus y penser. Lorsque survient un effet secondaire, le médecin peut ne pas penser non plus à poser la question de l’existence d’un traitement au long cours et prescrit des IRM, des Scanners, demande des avis spécialisés, là où consulter le RCP des médicaments donnerait la réponse à la question de l’origine du trouble. Pour information : le contenu du fameux dictionnaire Vidal est formé des « Résumés des Caractéristiques Pharmacologiques » des médicaments (RCP). Ils sont disponibles en libre accès ici : http://base-donnees-publique.medicaments.gouv.fr/index.php.

La règle d’or doit être d’incriminer le médicament en premier lieu. Ici, il ne doit pas y avoir « présomption d’innocence » mais « présomption de culpabilité » envers le médicament ; ce n’est que dans un deuxième temps que l’on peut éventuellement l’innocenter. Les médicaments peuvent donner des effets inattendus, par exemple certains médicaments pour soigner l’Hypertension artérielle peuvent faire tousser, des antibiotiques donnent des tendinites. Les neuroleptiques peuvent donner des effets secondaires rares et étonnants, que l’on n’aurait pas l’idée de rattacher à ces médicaments sans cette présomption de culpabilité, comme les phlébites ou le priapsime (érection spontanée, douloureuse, qui est une urgence médicale car elle entraine des dommages irréversibles si elle ne cède pas au bout de 1 à 4h00).

Il ne s’agit pas d’avoir peur mais de conduire son traitement comme on conduit sa voiture : en le connaissant bien, en respectant les consignes, en étant attentif aux « voyants lumineux » qui s’allument sur le tableau de bord, en consultant en cas de doute,…

 

Les médicaments interagissent entre eux. Il est capital de dire à votre psychiatre les autres médicaments que vous prenez, ainsi que les éventuelles plantes, compléments alimentaires,… En effet, même avec les plantes, des interactions délétères peuvent se produire (par exemple avec le Millepertuis).

 

Il est très important de faire attention aux médicaments que vous êtes amenés à prendre en plus de votre traitement pour la Dépression ou le Trouble Bipolaire. De nombreux médicaments peuvent en effets déstabiliser l’humeur.

 

Déclarer un effet secondaire

Les médicaments sont commercialisés après de nombreuses études. Cependant, les effets secondaires se révèlent surtout dans le long terme. Pour mieux connaître leur fréquence et leur type, il est indispensable de les signaler systématiquement. Ceci permet de réévaluer précisément la balance bénéfice-risques des médicaments.

Pour cela :

Pensez à dire à votre médecin toute manifestation survenue depuis que vous prenez le médicament.
Le médecin pourra déclarer cet effet au Centre Régional de Pharmaco-Vigilance (CRPV).

Vous pouvez vous-même déclarer un effet secondaire en allant sur le site https://solidarites-sante.gouv.fr/soins-et-maladies/signalement-sante-gouv-fr/, sur la « bouton » « Je signale ». Vous aurez accompli un acte citoyen, fort utile pour faire avancer la connaissance des médicaments (et éventuellement contre-carrer le lobbying pharmaceutique…).