Médicaments et grossesse

 

Benzodiazépines : Pas d’effet malformatif au premier trimestre. Aux deuxième et troisième trimestres, une diminution des mouvements actifs fœtaux et une variabilité du rythme cardiaque fœtal ont été décrites. En fin de grossesse, les Benzodiazépines doivent être évitées (risque de signes de surdosage et de sevrage chez le nouveau-né). Si une benzodiazépine est nécessaire, il faut privilégier le SERESTA (Oxazépam), dont la demi-vie est relativement courte (8h00).

Médicaments du sommeil :

Préférer

  • Doxylamine (Donormyl) (Prescrire, mai 2018)
  • ou quelques gouttes de Laroxyl (Amitriptyline).

 

Antidépresseurs :

Amitryptiline (Laroxyl, Élavil). L’utilisation d’Amitriptyline est possible quel que soit le terme de la grossesse. Il faut surveiller le nouveau-né qui peut présenter des signes d’imprégnation à la naissance (hypotonie, respiration rapide, retard à l’élimination du méconium,…).

Inhibiteurs de la Recapture de la Sérotonine

    • Lorsqu’ils sont pris par la mère pendant le premier trimestre de la grossesse, ils augmentent le risque de malformations congénitales, en particulier cardio-vasculaires.
    • Ils augmentent également le risque d’hypertension pulmonaire, surtout s’ils sont pris en fin de grossesse.
    • Des données soulèvent la possibilité de troubles neuro-développementaux chez certains nouveaux-nés.
    • Lorsque la mère a pris un IRS pendant le troisième trimestre, le nouveau-né peut présenter des signes d’imprégnation (détresse respiratoire, convulsions, difficultés d’alimentation, troubles du rythme cardiaque (par allongement de l’intervalle QT)…) et de sevrage.

Venlafaxine (Effexor)

La Venlafaxine doit être évitée pendant la grossesse (des études chez l’animal ont mis en évidence une toxicité sur le fœtus).

Clomipramine (Anafranil)

Les données semblent exclure un risque malformatif.

Si la mère est traitée en fin de grossesse, le nouveau-né peut présenter des signes d’imprégnation ou de sevrage.

Pramipexole (Sifrol) :

Par manque de données, Pramipexole doit être évité pendant la grossesse.

Régulateurs de l’humeur :

• Le Valproate (Dépakote, Dépamide, Dépakine) est totalement contre-indiqué en cas de grossesse.

• Le Tégrétol favorise le risque d’anomalie de fermeture du tube neural (spin bifida), d’autant plus que la dose est élevée.

• Le Lithium est contre-indiqué pendant le premier trimestre (risque de malformations cardiaques).

Au deuxième et troisième trimestres, le Lithium peut être prescrit. Cependant, le taux sanguin de lithium du fœtus est le même que celui de la mère. Ceci peut causer un « hydramnios » (liquide amniotique trop abondant, du fait d’une augmentation de la production d’urine par le fœtus. Le fœtus peut présenter des troubles thyroïdiens, des troubles du rythme cardiaque, des hypotonies musculaires. Pour prévenir au mieux ces effets, il est nécessaire de maintenir la lithiémie maternelle en dessous de 0,67 mmol/l. Il est préférable de suspendre le traitement à l’approche de l’accouchement (au moins 4 jours avant, le fœtus éliminant le lithium plus lentement) pour éviter l’imprégnation du fœtus au moment de l’accouchement.

Après l’accouchement, il faut réajuster les doses de lithium en tenant compte du fait que la lithiémie maternelle a tendance à baisser, à posologie constante, tout au long de la grossesse, en raison d’une augmentation de l’élimination rénale. Le taux sanguin devient donc plus élevé après l’accouchement.

Le lithium passe dans le lait maternel.

(Dernières données sur Lithium et grossesse : Prescrire, janvier 2020)

• La Lamotrigine (Lamictal) est plus sûr que les autres anti-épileptiques mais des données récentes indiquent un risque de surcroît de troubles précoces du développement. S’il est prescrit, il faut s’en tenir à une dose minimale.

• Quétiapine (Xéroquel), Olanzapine (Zyprexa), Aripiprazole (Abilify), d’après le Le Centre de Référence sur les Agents Tératogènes peuvent être utilisés pendant toute la durée de la grossesse mais à dose minimale efficace, en mono-thérapie et sous surveillance (notamment du poids et de la glycémie).

 

La règle, en cas de grossesse, est de ne donner qu’une seule molécule (monothérapie).

 

La grossesse est possible pour les femmes atteintes de maladie bipolaire, mais elle doit être programmée, afin de mettre en place un soutien psychologique, une surveillance adaptée et d’arrêter les traitements problématiques et de les remplacer, si nécessaire, par d’autres traitements.

 

Si une grossesse est découverte chez une femme traitée par un médicament susceptible de provoquer des malformations, il faut arrêter ce traitement et trouver des alternatives.