Traitement du TDAH

Le traitement du TDA/H repose sur la connaissance du TDAH, le traitement médicamenteux, la nutrition, des mesures pragmatiques

1) Connaissance du TDA/H :

Il est essentiel de « devenir expert en TDA/H » et de faire connaître cette problématique à l’entourage.

• Voir ici

Sites : TDA/H France ; TDA/H.be ; CADDRA (Canadian Attention Deficit Hyperactivity Disorder Ressource Alliance) plus dirigé vers les professionnels ;

Livres :

Vincent A, Mon cerveau a encore besoin de lunettes – le TDAH chez l’adulte, Quebecor, Montréal, 2010

Dupagne D, Le retour des zappeurs, 2015

Kœltz B, Comment ne pas tout remettre au lendemain, Odile Jacob, Paris, 2006

S’auto-observer précisément, dans la durée, et rapporter ces observations au médecin.

 

2) Traitements médicamenteux :

Si un Trouble Bipolaire est associé au TDA/H, le traitement est d’abord celui du Trouble Bipolaire (en effet, les traitements spécifiques du TDA/H sont souvent mal tolérés et aggravent l’anxiété et l’(hypo-)manie du Trouble Bipolaire.

En l’absence de Trouble Bipolaire ou sous couvert d’un traitement régulateur de l’humeur le cas échéant, différents traitements sont possibles :

Les traitements « stimulants » (dopaminergiques) sont les plus efficaces. En France, seul le Méthylphénidate est disponible (mais il doit être prescrit initialement et une fois par an par un psychiatre, un neurologue ou un pédiatre hospitalier et il n’a pas l’Autorisation de Mise sur le Marché pour les adultes (alors même que le DSM V développe et précise l’existence du TDAH chez les adultes et que ce traitement est recommandé par l’Association Mondiale d’experts du TDAH).

Le Méthylphénidate est de nature à soutenir la fonction d’inhibition, trouble initial du TDAH, avec comme conséquences de diminuer l’impulsivité, le stress et l’hypractivité, de faciliter la concentration, la mise en route pour agir et le maintien de l’effort.

Il existe plusieurs formes de Méthylphénidate.

  • À libération immédiate et à libération prolongée. La plupart des praticiens utilisent la forme à libération prolongée d’emblée et la complètent, le cas échéant, par des comprimés à libération immédiate.
  • MÉDIKINET : intéressant pour commencer le traitement très progressivement, grâce à sa forme à 5 mg. On peut commencer par 5 mg par jour la première semaine, 10 la suivante etc., jusqu’à trouver la posologie adéquate.
  • QUASYM et RITALINE LP ont une durée d’action de 8h00. 50% de la dose est libérée peu après la prise et les 50% restant sont libérés quatre heures plus tard. La durée d’efficacité de 8h00 peut être insuffisante si des activités requérant beaucoup d’attention ont lieu en fin de journée. On peut surmonter cet inconvénient en rajoutant des comprimés de Méthylphénidate à libération immédiate vers 16h00 qui agit 4h00. On peut, également, diviser la dose à libération prolongée en une prise à 8h00 et une prise à midi.
  • CONCERTA a une durée d’action de 12h00 mais est un peu moins efficace le matin, car la molécule active est libérée progressivement.

Il est capital de prendre les formes à libération prolongée avec un petit-déjeuner consistant sinon une partie importante de la dose est libérée immédiatement, avec un risque d’effets indésirables le matin et un manque d’efficacité l’après-midi.

La sensibilité inter-individuelle est variable. Il faut commencer progressivement et ne pas craindre d’augmenter jusqu’à la dose efficace.

Les signes de surdosage peuvent être : enfermement sur soi-même, moins de spontanéité. Dans certains cas : anxiété.

L’effet est rapide, le jour même lorsque la dose est suffisante.

La durée d’action est variable selon la forme utilisée mais n’excède pas 12h00.

La posologie peut être adaptée en fonction des activités prévues : si la journée qui s’annonce va requérir beaucoup d’attention, la dose prise peut être plus élevée et inversement. Idéalement, il faudrait disposer de plusieurs formes (p.ex du CONCERTA pour les journées qui commencent doucement, du QUASYM ou de la RITALINE LP pour les journées exigeâtes dès le matin ; de la RITALINE à Libération Immédiate, à rajouter vers 16h00 le cas échéant).

Le traitement peut ne pas être pris les week-end et les vacances (ceci est la règle chez les enfants pour éviter un éventuel retard de croissance (minime) lié au Mérhylphénidate).

Les effets secondaires sont rares et se gèrent facilement :

• Risque de nervosité, insomnie

=>S’auto-observer, consulter régulièrement le prescripteur

• Risque de troubles du rythme cardiaque, d’hypertension artérielle, d’angine de poitrine, voire d’infarctus du myocarde

=>Pratiquer un examen cardiologique approfondi avant la prescription (contre-indiquée en cas d’anomalie cardiaque structurelle).

=>Surveiller la Tension Artérielle

• Risque de valvulopathies cardiaques ; Risque d’Hypertension Artérielle Pulmonaire

=> Examen cardiologique régulier

• Risque de dépendance

=> Surveillance ; Prendre la dose minimale efficace

• Risque de provoquer une toux chronique

=> Penser au médicament

• Risque de priapisme (érection durable et douloureuse : si ne passe pas en urinant, se rendre au service des Urgences)

• Risque d’autres effets secondaires, comme avec d’autres médicaments, mais plutôt moins souvent (troubles digestifs, troubles cutanés, douleurs articulaires, baisse de libido, troubles hématologiques)

=> Penser au médicament devant toute anomalie

 

Atomoxetine (STRATERRA), non disponible en France. Inhibiteur de la recapture de la Nor-Adrénaline. Action dopaminergique dans le cortex préfrontal. Action de 12h00. Un peu moins efficace que la Méthylphénidate, peut être mieux toléré par les patients ayant un trouble bipolaire. Intéressant quand le Méthylphénidate est anxiogène ou majore les tics.

Guanfacine, non disponible en France. Agonsite alpha 2 adrénergique. Durée d’action de 24h00. Hypotenseur et ralentit le cœur :augmenter les doses par paliers et l’arrêter également par paliers. Un peu sédatif. Intéressant quand le Méthylphénidate est mal supporté.

Lisdexamphétamine, non disponible. Action de 10-12h00. Utilisée quand le Méthylphénidate n’est pas assez efficace. A le meilleur rapport efficacité / tolérance chez l’adulte. Pro-drogue (se transforme en amphétamine dans le tube digestif), ne peut être injectée, ce qui diminue les risques de mésusage.

 

Bupropion (Zyban)

Antidépresseurs tricycliques (Clomipramine)

 

+ Traitement des problèmes associés (dépression, troubles bipolaires, troubles du sommeil, addictions,…)

 

2) Nutrition

Voir fiche Traitement nutritionnel du TDAH et Mesures pour protéger le cerveau

 

3) Mesures pragmatiques pour gérer les symptômes

Sites et livres ci-dessus ; suivi psychothérapeutique si nécessaire