Hypertension artérielle (HTA)

 

L’hypertension artérielle est un facteur de risque de complications cardio-vasculaires, notamment d’insuffisance cardiaque et d’accidents vasculaires cérébraux (AVC).

La mesure de la pression artérielle doit s’effectuer, après un repos de quelques minutes, sur un(e) patient(e) assis ou de préférence allongé(e), jambes non croisées, avec un manomètre et un stéthoscope à cloche, le brassard de taille adaptée placé sur Le bras nu à hauteur du cœur.

Le diagnostic d’hypertension artérielle nécessite plusieurs mesures, d’une part espacées de plusieurs minutes, et d’autre part espacées au moins de plusieurs jours. Des chiffres de pression artérielle élevée sur une seule mesure ne justifient pas la mise en place d’un traitement.

L’hypertension artérielle est rarement secondaire à des maladies (hyperthyroïdie, sténose de l’artère rénale, maladie de Cushing, phéochromocytome,…). Un bilan médical permet d’éliminer ces causes. Le plus souvent, on ne retrouve pas de cause et l’on parle d’hypertension artérielle « essentielle ».

Certains facteurs augmentent la pression artérielle :

  • Excès de sodium (Apports Journaliers Recommandés (incluant le sel « caché » dans les plats industriels, les pâtisseries,…) : 5g. Malheureusement, les français en consomment 9-10g par jour. Attention aux médicaments effervescents, par exemple 1 cp d’Efferalgan 500 mg effervescent apporte 412mg de sodium). Voir l’article de l’OMS sur ce sujet ici.
  • Manque de potassium : consommation insuffisante de fruits, légumes, légumineuses, fruits secs à coque, (chocolat)
  • Alcool (la TA augmente de façon linéaire avec la consommation d’alcool déclarée. Une alcoolisation aigüe provoque une HTA aigüe avec risque d’AVC. La TA diminue en quelques jours après l’arrêt d’alcool (parfois après une augmentation transitoire au cours du sevrage))
  • Tabac
  • Surpoids
  • Sédentarité
  • Manque de sommeil
  • Stress
  • Réglisse
  • Certains médicaments : AINS, Contraceptifs œstroprogestatifs, Antidépresseurs inhibiteurs de la recapture de la sérotonine et de la noradrénaline (Venlafaxine (EFFEXOR), Duloxétine (CYMBALTA), Milnacipran (IXEL)), IMAO, Triptans, sympathomimétiques notamment utilisés comme décongestionnant nasaux  Ritaline,…

Devant une TA élevée, la première chose à faire est de supprimer le plus possible ces facteurs.

Selon la revue Prescrire, la mise en place d’un traitement médicamenteux est justifié dans les conditions suivantes :

  • Au-delà de 16-10 cmHg pour un(e) adulte non diabétique, sans facteur de risque cardio-vasculaire. (quand la pression diastolique (deuxième chiffre) est entre 9 et 10 la balance bénéfice-risques d’un médicament hypotenseur est incertaine, en dessous de 9 l’efficacité n’est pas démontrée).
  • Au-delà d’une pression systolique de 14 pour un(e) patient(e) diabétique.

Viser une pression artérielle un peu en-dessous de 14-9 est suffisante, y compris pour les patients qui ont eu un antécédent cardio-vasculaire (infarctus du myocarde, AVC, artériopathie des membres inférieurs, angor instable). Une valeur-cible plus basse augmente l’exposition aux effets secondaires des anti-hypertenseurs, notamment rénaux, sans avantage clinique démontré.

Chez un adulte qui a une TA élevée sans signes de souffrance viscérale (insuffisance cardiaque ou rénale,…), l’objectif est d’obtenir un contrôle tensionnel à long terme. Une baisse tensionnelle provoquée et rapide n’est pas utile et peut provoquer des effets neurologiques et cardiaques graves.

 

Le traitement doit être réévalué selon les circonstances :

  • Avec l’avancée en âge, un traitement trop efficace risque de causer des chutes, des vertiges, de la fatigue voire de la dépression.
  • Lorsque le(la) patient(e) perd du poids son traitement doit être réévalué pour deux raisons : son HTA a sans doute diminué naturellement avec la perte de poids et la dose habituelle devient plus importante relativement au poids (en mg/kg).
  • En cas de diarrhées, vomissements, fortes chaleurs, la plupart des anti-hypertenseurs sont facteur d’insuffisance rénale liée à une déshydratation.

 

 

Hypertension artérielle et psychiatre

• Les troubles psychiques génèrent du stress, ce qui augmente la TA. La mesure de TA chez une personne souffrant psychiquement nécessite de mettre en place très méticuleusement les conditions de prise de la TA et de mesurer la TA une demi-heure après la prise d’un anxiolytique.

 

• Les antidépresseurs inhibiteurs de la recapture de la sérotonine et de la noradrénaline, ainsi que les IMAO risquent d’augmenter la TA. La TA doit être surveillée régulièrement chez toute personne sous l’un de ces médicaments (particulièrement l’EFFEXOR (Venlafaxine)).

-> La découverte d’une HTA chez un patient sous l’un de ces antidépresseurs doit amener à rediscuter la pertinence de ce traitement antidépresseur plutôt que mettre en place immédiatement un traitement anti-hypertenseur.

-> Ces antidépresseurs  sont à éviter, dans la mesure du possible, chez les personnes ayant déjà une TA un peu élevée.

-> Si l’un de ces médicaments antidépresseurs est indispensable chez une personne déjà traitée pour HTA, il faut réévaluer régulièrement le traitement anti hypertenseur (et sans doute l’augmenter).

 

• Les neuroleptiques peuvent faire baisser la TA.

-> Le traitement anti-hypertenseur d’un patient que l’on met sous neuroleptique doit être réévalué et peut-être diminué.

-> Il peut ne pas être nécessaire de traiter par antihypertenseurs un patient chez qui l’on découvre une HTA et que l’on va mettre sous neuroleptiques.

-> Il faut contrôler la TA à l’arrêt des neuroleptiques.

 

• La plupart des médicaments anti-hypertenseurs risquent de favoriser une insuffisance rénale fonctionnelle, ce qui cause une augmentation du taux sanguin de Lithium avec risque de surdosage. En cas de traitement par Lithium, il est préférable de traiter l’HTA par béta-bloquants.

 

• Les anti-hypertenseurs diurétiques thiazidiques sont susceptibles de favoriser le diabète. Il faut éviter d’en donner à un(e) patient(e)e qui prend des neuroleptiques ayant le même risque (Olanzapine (Zyprexa) notamment).

 

• Un traitement anti hypertenseur trop intensif (c’est-à-dire amenant la TA, prise dans de bonnes conditions, très en-dessous de 14-9), notamment chez les plus de 65 ans, favorise la fatigue et la dépression.