La Clonidine est un traitement largement utilisée aux USA dans le TDAH depuis plusieurs décennies.
Cette molécule n’a pas l’Autorisation de Mise sur le Marché en France dans cette indication.
Elle présente cependant plusieurs avantages :
- Elle n’est pas psychostimulante, ce qui la rend très intéressante lorsque les psychostimulants ne sont pas efficaces ou mal supportés ou risquent de provoquer des addictions ou de déstabiliser l’humeur
- Elle ne comporte pas de risque d’addiction
- Elle est connue et prescrite depuis les années 1950
- Elle peut être prise au long cours sans risques particuliers
Points de repère pour bien comprendre cette molécule
La Clonidine a été proposée initialement pour diminuer la pression artérielle (sous le nom commercial de Catapressan).
Elle agit au niveau central en stimulant les récepteurs alpha 2 à l’adrénaline (« agoniste alpa2 adrénergique »). Ces récepteurs sont situés en amont de la synapse (« pré-synaptiques ») et ont comme fonction de diminuer la libération de noradrénaline ce qui entraîne une baisse de la vigilance, du stress, de l’hyperactivité, du tonus musculaire, de la fréquence cardiaque et de la tension artérielle et aussi de la nociception (perception de la douleur).
Par un autre mécanisme, elle augmente le tonus parasympathique (système de gestion du stress).
Ces effets d’apaisement en font une ressource pour traiter le TDAH, les troubles anxieux, les troubles du sommeil liés à l’hyperexcitation chez les enfants TDAH ou TSA, les tics, le syndrome de Gilles de la Tourette (particulièrement intéressant pour les enfants TDAH dont les tics s’aggravent avec les psychostimulants), Elle a même été proposée comme traitement de la manie.
Elle est utilisée en anesthésie pour induire la sédation, la myorelaxation, diminuer de la douleur et protéger le cœur et les reins pendant les opérations.
Elle est également utilisée en ophtalmologie pour traiter le glaucome.
Elle peut rendre service dans le traitement de la migraine.
Elle est parfois employée pour traiter l’hypersalivation liée à la Clozapine, les symptômes négatifs de psychose, l’akathisie induite par les neuroleptiques.
Sur le plan psychiatrique, son inconvénient est qu’elle peut favoriser la dépression. Il existe, en effet, des molécules qui soignent la dépression grâce à un mécanisme inverse de celui de la Clonidine, en bloquant les récepteurs alpha 2 adrénergiques (« antagonistes alpha 2 »). Il s’agit de la Miansérine et de la Mirtazapine. Le blocage de ces récepteurs augmente la libération de noradrénaline mais aussi de sérotonine secondairement.
Contre-indications
- Brady-arythmie sévère due à une maladie du nœud sinusal ou à un bloc auriculo-ventriculaire du deuxième ou du troisième degré
- Dépression
- Hyper-sensibilité à la substance active ou à un excipient (contient du Lactose)
Prudence en cas de :
- Athérosclérose (comme pour tout anti-hypertenseur car une baisse excessive du début sanguin dans des artères au diamètre rétréci pour entraîner une hypoperfusion notamment du cœur avec un risque d’infarctus)
- Bradycardie
- Insuffisance cardiaque
- Insuffisance rénale
La Clonidine traverse le placenta et passe dans le lait maternel.
Principaux effets secondaires
- Hypotension, sédation (peut être prévenu en mettant en place les doses très progressivement)
- Dépression
- Constipation
- Sècheresse de la bouche
- Peut aggraver (rarement) le phénomène de Raynaud (mains froides)
- Peut diminuer (rarement) la sécrétion lacrymale : prévenir les porteurs de lentilles
Modalités de prise
Doit être pris en une prise le matin et une prise le soir
Peut être prise avec ou sans nourriture
Comprimés sécables à 0,15 mg
Commencer par 1/2 cp le soir pendant deux semaines
Puis ajouter une prise le matin d’1/2 cp
Dose maximale : 4 cp par jour en deux prises
Veiller à se lever du lit ou du fauteuil lentement, en plusieurs étapes, dans les premiers quinze jours du traitement pour éviter des étourdissement (‘hypotension orthostatique’).
S’il y a de la fatigue dans les premiers quinze jours (liée à la baisse de tension artérielle), ne prendre qu’1/4 de cp pendant quelques jours.
Ne pas arrêter brutalement : diminuer la dose sur quatre jours
