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XÉROQUEL (Quétiapine)

La QUÉTIAPINE est intéressante dans le traitement des épisodes maniaques ou hypomaniaques, les dépressions des troubles bipolaires (seul médicament à avoir l’AMM dans cette indication), les dépressions avec signes de mixité (agitation, tension intérieure, excitation psychique, irritabilité, surabondance des pensées, confusion,…), les dépressions résistantes, les insomnies sévères, les troubles anxieux. Elle est également indiquée dans la prévention des récidives des épisodes maniaques ou dépressifs chez les patients présentant un trouble bipolaire (surtout de type II), ayant déjà répondu au traitement par la quétiapine.

La QUÉTIAPINE a un double effet :

  • Un effet antidépresseur grâce à son métabolite actif la NORQUÉTIAPINE  (par inhibition de la recapture de la noradrénaline et effet agoniste sur les récepteurs à la sérotonine 5HT1A).
  • Un effet anti-psychotique (diminution de la tension intérieure, du sur-régime mental, des hallucinations le cas échéant (antagoniste des récepteurs D1, D2 et 5HT2)).

À faibles doses (25, 50 mg), la QUÉTIAPINE a surtout un effet sédatif et peut être utile pour réguler le sommeil.

L’effet antidépresseur apparaît en général vers 100 mg. Il est parfois nécessaire de monter la dose jusqu’à 300 mg, rarement au-delà. L’effet antidépresseur apparaît en général en dix à quinze jours. Le risque suicidaire persiste pendant cette phase. Une surveillance adaptée est nécessaire.

À partir de 400mg, elle a un effet antipsychotique. (son affinité pour les récepteurs D2 est faible ; à partir de cette dose, les autres récepteurs étant saturés, la molécule va se fixer sur les récepteurs D2). Les doses de 600 à 800 mg sont à réserver aux états maniaques.

Son effet régulateur de l’humeur semble diminuer au-delà de 400-600 mg.

 

La QUÉTIAPINE peut avoir les effets indésirables qu’il faut savoir gérer :

  • Somnolence (sédation)

Cet effet secondaire, relativement fréquent, peut être géré en prenant compte les deux éléments ci-dessous :

– Ce sont surtout les 50 premiers milligrammes qui sont sédatifs. Il est préférable, le temps que l’organisme s’habitue, de commencer par 1/2 cp pendant quelques jours et en l’absence d’obligations professionnelles ou autre ; l’effet sédatif s’atténue en général en persévérant. Dans un deuxième temps, si la dose de 50mg est insuffisante, l’effet sédatif à 100 mg est en général nettement moindre que lors du début du traitement (100 mg n’est pas « deux fois plus sédatif » que 50 mg, si l’on augmente progressivement, on évite, le plus souvent, une accentuation de la sédation).

– En France, seule existe la Quétiapine Libération Prolongée (LP en français, XR en anglais), réputée moins sédative que la Quétiapine Libération Immédiate (LI en français, IR en anglais). Or, ceci n’est vrai que comparé à la forme LI prise le soir et le matin. La forme LI donne un pic deux heures après l’absorption, la prise du matin crée effectivement une sédation intense une à deux heures après la prise et plus importante en journée que la forme LP prise le soir. Cependant, il est possible de prendre la forme LI uniquement le soir. Dans ce cas, on obtient un meilleur effet sur le sommeil (sédation importante en une à deux heures) et moins de sédation en journée. Le taux sanguin est moindre dans la journée mais suffit le plus souvent à obtenir l’effet thérapeutique souhaité. Pour obtenir ces bénéfices, on peut donc s’autoriser à ‘transformer’ les formes LP en forme LI en faisant exactement ce qui n’est pas recommandé pour les formes LP : écraser les gélules et les prendre éventuellement en mangeant. Il faut alors prendre les gélules au coucher ou très près du coucher car l’effet sédatif arrive très vite. (voir précisions ici). En pratique, chacun doit trouver la dose et la manière de pendre la Quétiapine qui lui est la plus adaptée (soit forme LP vers 17-18h00 (puisque le pic de sédation apparaît en 6-7h00), soit forme LP au coucher, soit forme LP moins dosée en mangeant (le repas augmente l’absorption de la forme LP, ce qui augmente de 20-30% le taux sanguin), soit forme P devenue Li au coucher).

  • Sensations vertigineuses, maux de tête qui habituellement disparaissent en prolongeant le traitement.
  • Prise de poids.
    • On peut prévenir cet effet par des mesures hygiéno-diététiques (voir fiche).
    • La prise de poids, lorsqu’elle survient, se produit dans les premières semaines de traitement chez les adultes.
    • Sa fréquence n’est pas augmentée par une prise prolongée dans le temps.
    • Son importance est en général faible, comme l’indique le Résumé des Caractéristiques Pharmacologiques (accessible en ligne sur médicaments.gouv)  : » Lors d’études à court terme, à doses fixes (50 mg/jour à 800 mg/jour), contrôlées versus placebo (portant sur 3 à 8 semaines), la prise de poids moyenne chez les patients traités par la quétiapine était de 0,8 kg pour la dose de 50 mg par jour à 1,4 kg pour la dose de 600 mg par jour (avec une prise plus faible pour la dose de 800 mg par jour), comparé à 0,2 kg chez les patients sous placebo.Le pourcentage de patients traités par la quétiapine qui ont eu une prise de poids ≥7% du poids du corps allait de 5,3% pour la dose de 50 mg par jour à 15,5% pour la dose de 400 mg par jour (avec une prise plus faible aux doses de 600 et 800 mg par jour), comparé à 3,7% pour les patients sous placebo. Dans une étude sur l’association Lithium + Quétiapine, pour les patients randomisés avec la Quétiapine, la prise de poids moyenne pendant la phase ouverte était de 2,56 kg, et à la semaine 48 de la période randomisée, la prise de poids moyenne était de 3,22 kg, par comparaison à la valeur initiale de la phase ouverte. Pour les patients randomisés avec le placebo, la prise de poids moyenne pendant la phase ouverte était de 2,39 kg, et à la semaine 48 de la période randomisée, la prise de poids moyenne était de 0,89 kg, par comparaison à la valeur initiale de la phase ouverte. »
    • La prise de poids est donc habituellement inexistante ou modérée. Cependant, le poids doit être contrôlé régulièrement.

En cas de début de prise de poids, il faut prendre de la Metformine, pour enrayer le processus de prise de poids, voire perdre du poids s’il y a déjà eu prise de poids.

  • Hypotension orthostatique. Faire attention à se lever du lit par étapes, ou doucement à partir d’une chaise. Diminuer la dose en cas de maladie cardiovasculaire ou de risque d’AVC.
  • Constipation. Cet effet secondaire doit être pris au sérieux (voir fiche).
  • Augmentation du Cholestérol et du Sucre dans le sang. Réaliser un suivi biologique.
  • Diminution du taux d’hémoglobine le plus souvent sans conséquences cliniques
  • Hypo-ou Hyperthyroïdies. Il convient de contrôler ces paramètres sanguins à l’initiation du traitement et au cours du traitement.
  • Allongement de l’intervalle QT de l’électrocardiogramme.  Éviter de l’associer à des médicaments provoquant également cet allongement.
  • Dyskinésies (contractures du cou, des muscles du visage, de la langue) ; Bénin et indolore, même si cela est parfois impressionnant. Il faut adapter le traitement et/ou prendre un médicament « correcteur ». La Quétiapine en donne plutôt moins souvent que les autres neuroleptiques.

Il est recommandé de ne pas consommer de pamplemousse au cours du traitement par Quétiapine (risque de surdosage en Quétiapine).